Des matchs de foot ont été arrêtés par les arbitres pour des chants ou banderoles homophobes. Le choix assumé de notifier que ces actes ne sont pas anodins et contribuent à des discours et actions discriminatoires, parfois violents, en dehors des stades est à saluer.

Des chants déjà jugés indamissibles

La ministre des Sports avait, par ailleurs, jugé inadmissible ces chants et appuyé les arrêts des matchs. Cette politique, bienvenue, a été suivie de multiples débats et de prises de paroles plus ou moins intelligentes sur le sujet.

Les instances du foot accusent un grave retard

Le sport n’échappe pas à ce qui peut traverser la société, les haines anti-LGBTI n’en sont donc pas absentes. Mais il aura fallu du temps avant que les autorités comprennent la nécessité de lutter contre la haine dans les stades, contre le racisme d’abord.

Cette semaine, après d’autres arrêts pour ce motif, Noël Le Graët, président de la fédération française de football (FFF) a jugé intelligent de préciser ce qu’il pensait de ces actions en établissant une distinction : « L’arrêt des matchs ne m’intéresse pas. J’arrêterai un match pour des cris racistes, ça c’est clair » et « arrêter les matchs est une erreur ». Cette distinction est honteuse pour des dirigeants de fédération sportive nationale, notamment le foot où la haine anti-LGBTI est visible depuis des années et rarement combattue jusqu’à présent.

HES se joint aux demandes de SOS Homophobie et Rouge Direct, ou d’autres qui demandent la démission de N. Le Graët. HES suggère fortement aux responsables de se mettre en contact avec la Fédération sportive gaie et lesbienne qui pourra démontrer, par son expérience et son réseau, comment développer une pratique sportive incluante.

Cacophonie au sommet de l’État

HES ne peut que constater la cacophonie entre les déclarations du président de la FFF, celle de la fédération suite à ces propos, puis le communiqué commun cosigné par la ministre des Sports Roxana Maracineanu et Noël Le Graët, juste avant les propos tenus par le président de la République : « Chacun doit un peu bouger ».

La nécessaire lutte contre les discours de haine ne doit pas se faire sans pédagogie et explications. Le foot français devrait davantage prendre conscience des impératifs qui sont les siens, défendre l’homophobie comme un folklore inoffensif n’est pas acceptable.