À l’oc­ca­sion de la journée du sou­venir de la dépor­ta­tion, le pro­jet col­lec­tif de mon­u­ment LGBT doit trou­ver un dénoue­ment.

Chaque dernier dimanche d’avril est dédié aux vic­times de la dépor­ta­tion. Depuis son instau­ra­tion en 1954, cette journée est prévue pour hon­or­er la mémoire de toutes les per­son­nes déportées, quel qu’ait pu en être le motif.

Le sou­venir de cet évène­ment his­torique doit être l’occasion de rap­pel­er ce qui est le long chem­ine­ment de la haine. Depuis les préjugés et les com­men­taires, en pas­sant par les dis­cours et jusqu’aux actes, les plus abom­inables pos­si­bles. Rien ne crée, ex nihi­lo, en un instant, des struc­tures, une organ­i­sa­tion, qui mènent des humains à la mort, dans les plus effroy­ables des con­di­tions, dans un par­cours inde­scriptible. C’est le résul­tat d’une con­struc­tion, plus ou moins lente. Des étapes banal­isées dans la mise en place d’un sys­tème de valeurs qui hiérar­chise des vies entre elles, des humains entre eux.

Après le tra­vail mil­i­tant de l’association Le Mémo­r­i­al de la Dépor­ta­tion Homo­sex­uelle, et depuis une dizaine d’années, après les dernières recherch­es de la Fon­da­tion de la Mémoire de la Dépor­ta­tion, et du tra­vail péd­a­gogique de l’association des Oublié·e·s de la Mémoire, la dépor­ta­tion pour motif d’homosexualité n’est plus oubliée dans cette journée nationale.

Ce dimanche, dif­férentes asso­ci­a­tions dont HES, seront présentes ou représen­tées lors de ces céré­monies.

Le témoignage de Pierre Seel a per­mis de faire remon­ter à la sur­face de notre con­science col­lec­tive cette mémoire. Il fut le seul français à témoign­er et à être recon­nu par l’É­tat pour sa dépor­ta­tion pour motif d‘homosexualité.

Il aura fal­lu atten­dre 2001, et un dis­cours de Lionel Jospin, à l’occasion de cette même journée du sou­venir de la dépor­ta­tion, pour que les autorités français­es évo­quent ce motif.

À l’image de dif­férents autres pays européens, les Oublié·e·s de la mémoire por­tent un pro­jet col­lec­tif, que sou­tient HES : la créa­tion d’un mon­u­ment LGBTI+. Il con­servera cette mémoire à jamais.

HES fait le vœu que les asso­ci­a­tions LGBTI+ et les pou­voirs publics s’accordent pour l’érection d’un mon­u­ment dans l’année à venir.