Hier, le Parlement européen a adopté à une large majorité (492 voix pour/141 contre/46 abstentions) une déclaration symbolique promulguant « l’UE comme zone de liberté LGBTIQ ». HES se réjouit que l’ensemble des membres du groupe des Socialistes & Démocrates (S&D) ait soutenu ce texte.

Un texte important pour l’Union européenne

Négociant avec les autres grands groupes politiques à l’exception notable des Conservateurs (ECR) et de l’extrême droite (ID), notre corapporteur socialiste maltais Cyrus Engerer a su renforcer ce texte, et en particulier en insistant sur des cas concrets d’atteintes aux droits LGBTI+ en Europe, et mettant en avant les problématiques dont les personnes intersexes et trans en particulier doivent subir au quotidien.

L’idée originale était de présenter une réponse positive et symbolique suite à l’apparition des infâmes « zones sans (idéologie) LGBT » et des Chartes des familles au niveau local en Pologne il y a déjà deux ans ! La Hongrie avait également suivi ce triste chemin dans plusieurs localités…

Cela montre clairement l’importance des pouvoirs locaux et régionaux que nous élisons : les échéances électorales régionales et départementales en France à venir (juin 2021) devraient nous faire réfléchir : qui veut voir des collectivités françaises adopter de telles chartes ou zones plutôt que d’organiser une vraie lutter contre les discriminations ?… Nous félicitons les collectivités qui ont su revoir leurs potentiels partenariats et jumelages à cet effet.

Dire la réalité des LGBTI en Pologne et Hongrie

Lors des débats la veille du vote, nous sommes particulièrement fier·e·s qu’Iratxe García Pérez, la leader espagnole du Groupe S&D (socialistes et travaillistes) ait décidé d’y faire une longue et forte intervention pour rappeler le modèle inclusif d’UE dans lequel nous souhaitons vivre, très loin du menaçant voisin de l’Est qu’est toujours la Russie hyper homophobe de Poutine.

Le co-président de l’Intergroupe LGBTI, l’eurodéputé S&D luxembourgeois Marc Angel a su rappeler que ces zones sont bien documentées, et des activistes en Pologne sont poursuivis pour cela, afin de répondre aux ultraconservateurs déniant l’existence de cette réalité. L’eurodéputée PS française Sylvie Guillaume, toujours très active sur les questions LGBTI+ au Parlement européen, a également fait une intervention attendue et que l’exécutif européen devra suivre s’il veut démontrer un engagement réel sur le sujet. Elle a appelé à ce que les fonds européens soient liés au respect de l’état de droit, et que la Hongrie ou la Pologne ont déjà franchi la ligne rouge, il y a bien longtemps…

Les votes clairs des groupes au Parlement européen

On soulignera que lors du vote final, les eurodéputés français du Rassemblement national (RN), fidèles du clan Le Pen, y compris des candidat·e·s 2021 aux régionales/départementales voire têtes de liste, ont voté contre cette résolution, alors que les membres de LesRépublicains (membres du groupe PPE) ont préféré s’abstenir, entre hypocrisie et manque total de courage.

Nous dénonçons haut et fort cette situation où des élu·e·s français·es se satisfont de cette situation où, sur le territoire de l’Union, la mise à l’écart, les discriminations légales, les attaques répétées, les actions d’un gouvernement et les menaces physiques à l’encontre d’un groupe ciblé de personnes nous ramènent aux heures les plus sombres de notre histoire et ignorent totalement la réalité de la diversité des familles en France et en Europe.

Nous espérons que ces actes, encore trop peu relayés au niveau français, sauront illustrer les doubles discours de ces formations et éclairer les choix citoyen·ne·s lors des prochains scrutins.

Le texte final de la déclaration