Comme chaque année, le Parlement européen remettra le « prix Sakharov pour la liberté de l’esprit ». Les groupes parlementaires proposent chacun une liste de personnes qu’ils souhaitent voir honorées.

Cette année, les groupes de gauche et écologistes européens ont tous nommé, dans leur liste aux multiples noms, Marielle Franco, élue brésilienne assassinée avec son chauffeur en mars 2018.

Une triple nomination bienvenue

Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) et le Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) ont chacun cité cette militante dans leurs propositions.

Marielle Franco, femme ouvertement bisexuelle, noire, issue des favelas de Rio de Janeiro, élue conseillère municipale en 2017 était une activiste, militante contre le racisme, pour les droits LGBTI+. Une militante des droits humains. Les groupes et association LGBTI+ des partis de gauche et écologistes : EELV LGBT, Fier·e·s et Révolutionnaires LGBTI+ PCF, Génération·s LGBTI+ et HES LGBTI+ saluent, tous les quatre, cette nomination commune.

Marielle Franco est devenue un symbole

Si les présumés coupables de son assassinat ont été arrêtés il y a peu, la presse brésilienne a révélé les noms des politiciens qui souhaitaient sa mort. Marielle Franco s’était opposée à Jair Bolsonaro et cette extrême droite, au pouvoir aujourd’hui au Brésil, qui ciblent les femmes, les populations autochtones, les personnes LGBTI+

Marielle Franco est devenue un symbole et il semblait légitime et judicieux que les parlementaires européens de gauche et écologistes aient vu en elle une nommée évidente.

Nous espérons que le prix Sakharov lui sera décerné. Cette victoire d’une militante des droits LGBTI+ serait une première. Un signal fort aussi, pour tou·tes les militantes et militants des droits humains au Brésil et dans le monde.

Un hommage parisien

Ce samedi 21 septembre, c’est aussi la ville de Paris qui a honoré sa mémoire avec l’inauguration, en présence de ses proches, du jardin à son nom, dans le 10e arrondissement.

Faire perdurer son souvenir, c’est ne pas oublier ses combats, résumés en une seule phrase : Marielle Franco était une militante des droits humains. C’est aussi garder en tête que la lutte des Brésilien·nes, pour leurs droits, pour leur environnement, pour leur vie continue.

La liste des nommés par groupe (et les soutiens des parlementaires)