2021 marque la seconde édition de cette journée du 1er> décembre dans le contexte épidémique du Covid-19. Elle rappelle encore la nécessité d’une action des pouvoirs publics pour qu’une épidémie n’en cache pas une autre… Et que la puissance publique est un acteur incontournable de la santé, de la prévention, de la solidarité, des soins et de la recherche !

Relancer les dépistages : une vraie nécessité !

Le contexte épidémique a lourdement fait marquer le pas aux dépistages du sida et des IST en France. 22 % en moins de cas de séropositivité au VIH-sida détectés en moins en 1 an, ce qui n’est évidemment pas le reflet de la dynamique de l’épidémie. Entre confinements, fermetures diverses, déplacements contraints, accès complexifiés aux centres de dépistages et structures associatives durement touchées par l’épidémie, c’est le premier maillon dans la stratégie de lutte contre le VIH-sida qui s’est encore trop contracté, depuis plus de 18 mois.

Cette baisse des dépistages est un obstacle majeur à la réussite de l’objectif réaliste de l’Onusida de parvenir à vaincre l’épidémie d’ici 2030. Le dispositif lancé par des collectivités, comme Paris dès 2019, « au labo sans ordo », pour des dépistages gratuits facilités à toute la population, sera — enfin — proposé sur tout le territoire national. Cependant il faut d’urgence une campagne nationale pour promouvoir le dépistage, ciblé et généraliste.

Dépistage, rapports non contaminants, PrEP, sérophobie, préservatifs, il y a de quoi faire ! C’est nécessaire pour se remettre sur la bonne voie en vue de faire baisser la courbe des infections, notamment chez les hommes gays/bi/trans/HSH, les ultra-marins, les femmes trans et les précaires. Tous ces outils sont à activer de manière logique et intelligente, avec une stratégie à moyen et long terme.

Cette action nécessite des fléchages de moyens publics, de manière pérenne pour favoriser la prévention et l’accès aux traitements. Et l’engagement de la France doit être renouvelé pour abonder, inciter les autres pays et d’autres partenaires à abonder notamment au Fonds mondial contre le Sida. Aider davantage les pays étrangers, dont les pays du Sud, est un devoir et, comme le Covid-19 l’a montré, une nécessité.

Enfin, les 6 mois à venir de la Présidence française de l’UE (au premier semestre 2022), alors que rien n’est manifestement anticipé sur le sujet, doivent permettre un vrai sursaut, audacieux, collectif et rationnel scientifiquement, contre le sida

L’argent public : vital pour la recherche et les acteurs de notre santé

Les associations contribuent à répondre aux besoins des populations, mais elles ne peuvent absolument pas faire face seules, surtout avec des moyens en baisse. Notre système public de santé, lui, bien que fragilisé par des années de baisse de financements et l’épidémie de Covid, est un atout précieux pour cette bataille qu’il nous faut continuer de mener, pour la prévention et l’accès universel aux traitements.

Assurer un financement qui soit à la hauteur des enjeux pour notre hôpital public et tout notre système de soins est un impératif. Il est vital que les Cegidd, et toutes les structures de santé engagées dans le combat contre les VIH-sida (et toutes les IST), aussi bien publiques que communautaires, disposent des moyens humains et financiers nécessaires.

Car l’épidémie de Covid a, au fil des mois, tragiquement illustré et amplifié les défaillances actuelles de notre système de santé avec les difficultés dans l’accès aux soins qu’engendrent les manques de moyens, les conditions de travail des soignant·es.

Le financement public de la recherche, afin d’avancer vraiment pour un vaccin anti-sida, est une nécessité. Les sommes records (près de 200 milliards d’euros) mises sur la table en un temps record (aussi) début 2020, par les États et les labos ont permis de rapidement trouver des traitements et surtout des vaccins efficaces. C’est du jamais vu, cela a, au passage, permis de faire vraiment éclore une technologie médicale en gestation avancée depuis plus de 40 ans, l’ARN-messager. De la même façon que la lutte et la recherche contre le sida ont permis des avancées contre d’autres maladies lourdes, comme le cancer, la recherche contre le virus du covid a accéléré les perspectives sérieuses contre le sida. Ces investissements et ceux encore nécessaires serviront pour la lutte contre bien des infections et virus.

Avancer enfin contre la sérophobie 

La lutte contre la sérophobie est continue. Le VIH est très souvent jugé plus stigmatisant, voire « honteux », que bien d’autres maladies. Au-delà des discriminations qu’elle entretient, la sérophobie pose des problèmes quotidiens aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH), pour des actes et des demandes qui sont pourtant quotidiennes, banales ou traitées classiquement par le plus grand nombre. Un achat immobilier par exemple.

Et en la matière, il faut saluer le premier pas dans la remise à plat des surprimes assurantielles imposées au PVVIH voté au Sénat. Le vote d’un contrat d’assurance emprunteur non excluant, évitant de soumettre à un questionnaire maladie les emprunts immobiliers jusqu’à 500 000 €, est une avancée importante. Les PVVIH ne verront plus l’accès à des projets immobiliers barrés par la considération des risques imputés au VIH. Et le « droit à l’oubli » en matière bancaire et d’assurance doit être raccourci aussi pour cette pathologie, puisque l’immense majorité des PVVIH sous traitement ont, aujourd’hui, une espérance de vie quasi équivalente à celle de la population.

Ne jamais oublier non plus que tous les experts mondiaux disent que les actes et discours contre les LGBTI+ favorisent l’expansion du virus.

C’est un pas de plus contre les considérations sérophobes et pour cesser de complexifier la vie des PVVIH dans des actes qui sont classiques pour le reste de la population.

HES LGBTI+ | Parti socialiste | Parti radical de Gauche