Le 5 juin 1981, les autorités sanitaires états-uniennes recensaient les premiers cas de ce qui allait devenir le « syndrome d’immuno-déficience acquise », sida, deux années encore s’écouleront avant l’identification du VIH en 1983. 40 années ont passé et l’épidémie est toujours là, malgré les progrès. Elle continue de frapper durement l’Afrique et des pays pauvres du sud et de toucher des populations avec un accès réduit ou nul aux modes de prévention, aux traitements et aux soins médicaux.

Rappeler les chiffres, trop importants, d’une épidémie qui continue à tuer

Onusida livre les chiffres d’une épidémie hautement politique, si peu prise en compte à ses débuts, si tardivement intégrée dans les politiques publiques alors que les militant·es alertaient sur la situation… Et le sida a été classé par l’ONU comme la pandémie la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité !

Près de 78 millions de personnes ont été contaminées par le VIH depuis le début officiel de l’épidémie en 1981. 35 millions sont morts du sida, et de maladies liées. Et entre 1990 et 2020, 32 millions des forts concernaient l’Afrique.

Plus de 37 millions de personnes vivaient en 2020 avec le VIH, dont 1,7 million d’enfants… Et près d’un million et demi découvraient leur séropositivité cette année. 84 % seulement des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut VIH. Oui il faut encore marteler sur le dépistage est un levier vital, car accéder rapidement aux antirétroviraux est décisif pour retrouver une qualité de vie assez normale.

Mais plus de 27 millions avaient accès aux traitements, 73 %, et depuis 2010, les nouvelles contaminations on été réduites de 30 % passant de de plus de 2 millions à 1,5. Et les décès liés au sida ont diminué de 64 % à moins de 700 000 personnes par an, depuis un pic en 2004.

Ces chiffres doivent être connus, parce qu’ils incarnent autant des motifs de se réjouir de l’avancée et de l’importance des traitements et de leur utilisation, que des raisons de militer et de continuer à diffuser les traitements, ici, comme ailleurs. La question de la prescription de la PrEP en médecine de ville a pu en être une illustration…

L’information sur la diversité des modes de protection et leur diffusion reste un enjeu

Dans la stratégie de lutte contre le vih-sida, plusieurs modes de protection existent, dont la fameuse (indémodable !) capote et certains ont permis de renforcer la prévention. Le Tasp (Treatment as prevention : traitement comme prévention) et la PrEP sont les outils clés pour casser enfin la courbe de l’épidémie. L’autorisation et la gratuité totale en France, depuis 2016 de la PrEP est une première démarche que son autorisation — enfin donnée ce mois-ci, après de tragiques défaillances durant + d’un an ! —, en primo-prescription par la médecine de ville, vient enfin compléter.

La stratégie U=U, les plans des villes et départements sans sida, avec les visées des 90–90-90 (90 % des personnes vivants avec le VIH — PVVIH — qui connaissent leur statut, 90 % des PVVIH qui sont sous traitement et 90 % des personnes sous traitement qui ont leur charge virale durablement supprimée) sont des outils essentiels pour pouvoir envisager la fin de l’épidémie.

L’une des conditions étant que les moyens de dépistages et les traitements soient accessibles largement, et à toutes les populations. Cela suppose des politiques publiques fortes pour lesquelles des investissements, de l’information contre les préjugés et les discriminations sont intégrés pour une politique de santé efficace.

Par ailleurs, force est de constater que les fichages tous azimuts permis par les mesures de Macron depuis 2017 (y compris ceux révélés récemment par Élise Lucet sur France 2, où la Sécurité sociale et des pharmacies confient nos données de santé à un géant américain) sont des dangers bien réels pour le secret médical, la protection des libertés et de la vie privée des LGBTI. Ce sera à la gauche, dès les élections nationales de 2022, de reprendre vite la main sur ces dérives, allant du fichage accru au « big data », en passant par l’intelligence artificielle (IA) et le développement de la reconnaissance faciale, car on ne peut pas attendre le futur règlement de l’UE qui prendra des années avant d’aboutir.

Évidemment, l’épidémie mondiale fulgurante de Covid-19 a aussi montré le besoin criant, et l’efficacité, d’investir massivement dans la recherche. L’argent manque encore pour les chercheurs et les associations, même si ledit covid a permis de faire aboutir plus de 10 ans de travaux médicaux avec la biotechnologie à ARN-messager qui pourra être très utile pour avancer enfin pour trouver un vaccin contre le vih-sida.

La population homosexuelle masculine (HSH) continue d’être la plus touchée en France

Entre janvier 2019 et septembre 2020, 43 % des nouvelles découvertes de séropositivité concernaient les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). La prévalence du VIH parmi la population homosexuelle masculine est estimée à 15 %… Même s’il ne faut pas omettre les contaminations toujours trop importantes, en France, chez les femmes originaires des régions subsahariennes, mais aussi dans les DOM COM et dans la population trans.

Encore d’autres chiffres pour confirmer que les actions de prévention, les informations sur les dépistages, les modes de traitement et le rappel que, aujourd’hui, en France, une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le virus et lorsque le traitement est démarré suffisamment tôt et que le taux de l’espérance de vie est équivalente à celle de la population générale.