Comment agir et organiser la solidarité en actes pour les LGBTI en Ukraine : cas concrets et liens vers les organisations d’aide aux LGBTI+.

Les problèmes déjà soulevés par les associations LGBTI

Cas général

Les conflits armés et les guerres aggravent la vulnérabilité de nombreuses populations dites minoritaires et augmentent la probabilité qu’elles soient exposées à des abus. Selon un rapport publié en 2021 par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les personnes LGBTI risquent d’être victimes de violence, de déni de services de base, de détention arbitraire et d’abus de la part des forces de sécurité, entre autres types de discrimination.

Document du Haut-Commissariat pour les réfugiés (anglais, Onu).

Aujourd’hui en Ukraine

En Ukraine, de nombreuses femmes transgenres sont incapables de quitter le pays parce que leur carte d’identité gouvernementale les identifie encore comme des hommes — et les hommes sont forcés de rester et de se battre en vertu des lois de conscription du pays. Des groupes de défense des droits humains ont même logiquement conseillé à certaines transgenres de « perdre leur carte d’identité » afin de quitter l’Ukraine. Les militants trans estiment que ce problème conduit à « des centaines » de personnes trans en Ukraine à être « gravement en danger » et à se sentir « complètement seules ». Article de la Thompson Reuters Foundation (anglais).

Action à mener

La délivrance de visa d’urgence vers des pays de l’UE pour les trans doit se faire sur simple déclaration, sans avoir à mentionner le genre.

Aujourd’hui en Pologne et Hongrie :

De nombreux Ukrainien·ne·s fuient vers la Pologne et la Hongrie et font de fait face à de dures lois antiLGBTI (l’Union européenne a déjà condamné ces 2 pays à ce sujet). En Pologne il y a des zones dites « sans LGBT » spécialement à la frontière ukrainienne. Ceci peut conduire les demandeurs d’asile à ne pas révéler leur orientation sexuelle ou leur identité de genre dès le début de la procédure d’asile. Article de NPR (anglais).

Action à mener

Il faut penser au transfert prioritaire dans des pays garantissant au mieux leurs droits – comme la France – pour les LGBTI+ sur simple déclaration, sans mention du genre.

Les guides d’action de la part des structures internationales

Depuis le début de la crise, l’ILGA-Europe effectue une liste des actions à mener et des ressources disponibles. 

Voici notre traduction de leurs travaux consultables à cette page

Dons

Nous avons transféré une grande partie de nos fonds de réoctroi afin d’apporter une aide d’urgence aux organisations LGBTI sur le terrain en Ukraine pour aider les habitants à trouver la sécurité, de la nourriture et un abri. Nous transférons également des fonds vers des organisations LGBTI dans les pays voisins pour aider les réfugiés LGBTI à vivre dans de bonnes conditions et s’intégrer. Travail avec les autres donateurs

Nous nous coordonnons avec d’autres organisations qui collectent des fonds, ainsi qu’avec des bailleurs de fonds pour les mettre en liaison avec les organisations pertinentes en Ukraine et dans les pays voisins, où les fonds qu’ils collectent seront les plus efficaces.

Diriger les collectes de fonds individuelles vers les organisations qui en ont un besoin urgent

Nous construisons une liste d’organisations en Ukraine et dans les pays voisins travaillant directement avec les personnes et les communautés LGBTI, qui peuvent être trouvées ici. Il s’agit d’une liste croissante et les informations sont aussi précises que possible. Si vous rencontrez des problèmes pour obtenir des fonds auprès de ces organisations, veuillez nous contacter pour nous en informer.

Si, en tant qu’entreprise, organisation, réseau ou individu, vous êtes en mesure d’apporter une contribution substantielle aux subventions d’urgence de l’Ilga Europe, contactez la responsable des partenariats, Anna Shepherd.

Fournir des informations

Nous fournirons des informations à nos organisations membres en Ukraine et rendrons publiques toutes les informations que nous pourrons trouver de manière facilement partageable et compréhensible. Cliquez ici pour accéder à notre document répertoriant les pays où la directive sur la protection temporaire des personnes ukrainiennes fuyant vers l’UE est déjà mise en œuvre, ainsi que des informations sur chaque pays.

Connecter ceux qui se mobilisent

Nous avons mis en place divers canaux de communication pour connecter ceux qui aident les gens à se mettre en sécurité et assurer une coordination rapide autour des besoins identifiés.

Travailler avec nos organisations membres en Ukraine, en Biélorussie et en Russie

Bien qu’il soit difficile d’avoir des contacts quotidiens avec les organisations LGBTI en Ukraine, nous faisons tout notre possible pour maintenir le contact avec elles, afin que nous puissions travailler pour les soutenir de toutes les manières possibles, selon leurs besoins. Nous sommes en contact quotidien avec nos organisations membres en Russie et en Biélorussie, où la répression contre la société civile s’est intensifiée, pour les soutenir de toutes les manières possibles.

Plaidoyer sur les dispositions médicales

Actuellement, l’un des enjeux primordiaux est de rendre les médicaments disponibles pour les trans, les intersexués et les personnes vivant avec le VIH. Nous évaluons les besoins et travaillons pour cibler l’Organisation mondiale de la santé, les gouvernements et les industries pharmaceutiques, en effectuant le travail de plaidoyer au nom de ceux qui en ont besoin.

Plaidoyer pour les réfugiés

Nous fournissons des informations sur les règlementations européennes adoptées en matière de séjour temporaire pour les réfugiés et utilisons nos canaux avec les institutions et agences de l’UE, ainsi qu’avec les gouvernements nationaux pour voir comment nous pouvons nous assurer que tous les réfugiés sont respectées aux frontières, y compris le BPOC, les personnes avec des passeports non ukrainiens et des personnes trans.

En collaboration avec Transgender Europe (TGEU), nous sensibilisons à la situation vulnérable spécifique des femmes trans en Ukraine qui n’ont pas de précision du genre féminin sur leur passeport. Beaucoup essaient de quitter le pays, mais ne peuvent pas, en raison de la mobilisation générale. Nous voyons comment nous assurons la prise en charge de ces cas et sensibilisons à cette situation d’extrême vulnérabilité.

Aider en Ukraine et les organisations des pays voisins

Outre le fait de donner à la Pride de Kyiv, vous pourrez trouver, les contacts et les coordonnées bancaires de plusieurs ONG ukrainiennes qui œuvrent pour les droits des LGBTI ainsi que celles situées dans les pays voisins qui vont être en première ligne pour aider les réfugié·es.

Soutenir les LGBT ukrainien·nes

L’Ilga-Europe a établie une liste de différentes ONG et associations ukrainiennes qui s’occupent des personnes LGBTI+ et qui ont communiqué des moyens pour les aider :

https://ilga-europe.org/support-lgbti-people-ukraine

Les associations des pays frontaliers

https://transvanilla.hu/

https://en.hatter.hu/

http://www.lmbtszovetseg.hu/

http://www.acceptromania.ro/

http://lambdawarszawa.org/en/en-strona-glowna/#pll_switcher

http://www.quarteera.de/

Russie : https://lgbtnet.org/en/

De nombreuses mairies organisent (ou coordonnent) des collectes de produits d’hygiène, de nourriture non périssable (à court terme) et de vêtements. Renseignez-vous auprès de votre ville et auprès des associations locales d’entraide.

L’action de la République française

Retrouvez, dans le lien ci-dessous, les explications fournies par le ministère de l’Intérieur pour les Ukrainien·ne·s souhaitant rentrer sur le territoire français (anglais) :

https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers/situation-en-ukraine/information-for-ukrainian-citizens-wishing-to-enter-french

Notre positionnement sur la guerre en Ukraine :

Contre la guerre de Poutine en Ukraine; pour la démocratie, les libertés et la protection des minorités

Agir en tant que citoyen·ne

  1. Proposer son aide auprès des mairies (que les préfectures ont sollicitées) pour indiquer sa capacité à accueillir des réfugié·es (LGBTI+ ou non).
  2. Se rapprocher des centres, associations ou structures LGBTI de sa ville ou de sa région afin de faire part de sa volonté d’aider et leur indiquer votre souhait de participer aux actions mises en place par eux (en lien ou non avec les grandes organisations nationales d’aide et de secours : Protection civile, Secours populaire, Croix-Rouge, etc.)
  3. Se renseigner sur et diffuser les informations à propos des actions menées pour la collecte de matériel, de biens, de produits de consommation, ou d’accueil par différentes structures

Les sites des grandes ONG ou structures : Croix-Rouge, Secours Populaire, Protection civile, et ceux des ambassades ou des associations ukrainien·ne·s en France proposent des solutions pour des dons, des listes de biens qui sont souhaités en priorité. Et les associations ou structures françaises de l’ESS ont aussi des actions et proposent des pistes que les citoyen·nes peuvent relayer et auxquelles ils peuvent aider.

HES souhaite redire que les mouvements spontanés d’aide et de soutien ainsi que la grande émotion collective que la guerre en Ukraine ont créés sont des démonstrations réjouissantes des valeurs humanistes que nous devons faire vivre encore plus fort et plus souvent. Toute personne, d’où qu’elle vienne, quoi qui puisse  constituer son identité, qui se retrouve à fuir la guerre et tenter de survivre, doit trouver un asile sûr et un accueil digne dans notre pays.

Le grand mouvement qui s’est levé ces derniers jours fait honneur à notre pays et l’Europe. Tâchons de le garder en tête et de conserver ce cap, pour toutes celles et ceux que nous pouvons aider.