Le rapport publié par la Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe sur la situation des droits LGBTI+ en Pologne n’y va pas par quatre chemins et décrit ce qu’elle est précisément: « un modèle de stigmatisation généralisé ».

Depuis des années, le parti de droite  PiS et ses alliés au pouvoir en Pologne ont délibérément choisi de désigner les LGBTI comme les boucs émissaires constants de tous les maux de la société, cibles faciles des échecs de ce gouvernement court-termiste et réactionnaire.

Stratégie délibérée, techniques outrancières et fonds publics mobilisés pour la haine

Le rapport pointe les choix clairs d’un gouvernement qui arrose de fonds publics des campagnes de haine anti-LGBTI+.Cela va jusqu’à financer des camions à haut-parleurs, sous escorte policière, sillonnant les rues des villes du pays pour diffuser leurs discours de haine, mensongers et injurieux où l’homosexualité est assimilée à la pédophilie et s’en prenant à l’éducation sexuelle. Effarant et dangereux.

La mise en place – littéralement incroyable et proprement effroyable – des « Zones sans LGBT » et de leurs stickers apposés en vitrine des commerces est la démonstration d’un discours de haine parfaitement assumé, revendiqué par les responsables élus du pays.

Ces discours luttant contre « la propagation de l’idéologie LGBT pire que le communisme » (tenu par le président polonais), demandant à lutter contre le « politiquement correct », « l’homo-propagande » et à « prévenir la sexualisation des enfants » sont repris ou modelé sur ceux que l’on rencontre de la part des réactionnaires français.

Une Union européenne qui reste encore les bras ballants

Malgré les travaux du Parlement, la Commission européenne n’a toujours pas agi avec la vigueur nécessaire. Envers quelle autre minorité de telles actions discriminatoires, violentes, récurrentes seraient-elles tolérées ?

L’UE a déjà trop tardé pour réagir concrètement et défendre tou·te·s ses citoyen·ne·s. Il est inenvisageable que des atteintes aussi flagrantes, des discours officiels et des actions de gouvernement publics aussi déchainés, même locaux, d’un pays membre restent sans aucune réponse, sans dénonciation officielle accompagnée de sanctions.

Europe et Union européenne : des mécanismes pour défendre les droits

Force est de constater que la majorité de droite de l’UE ne s’est pas pleinement saisie des outils et règles, pourtant existant, pour rapidement contrer ces mesures discriminatoires et haineuses. Il faut que cela cesse. À défaut les sanctions fermes et immédiates doivent frapper, car sinon cette faiblesse coupable sera encore amplifiée et copiée dans d’autres pays de l’UE par des élus populistes et homophobes, et pas seulement à l’Est.

Au sein du Conseil de l’Europe, la convention européenne des droits de l’Homme garantit les droits et libertés pour toutes et tous. Dans l’Union européenne, qui en célébrera ce lundi les 20 ans, la Charte des droits fondamentaux est aussi un outil pour la défense des droits.

La France, si elle le souhaite vraiment, peut demander l’application de ces textes que la Pologne et tous les États membres ont signé. Il est temps d’agir réellement et de sortir du proclamatoire.

Mémorandum de la Commissaire sur la stigmatisation des personnes LGBTI en Pologne

Memorandum on the stigmatisation of LGBTI people in Poland

La réponse du gouvernement Polonais

« It should be furthre noted that many allegations that the Polish law avoids penalising discrimination and prejudice against LGBTI persons seem to be without factual or legal basis. It should be underlined that all Polish citizens are equal, thus it could be considered as inappropriate to grant special protection to particular groups upon their request. »