À l’occasion du 8 mars, Journée internationale pour les droits des femmes, nous sommes signataires de l’appel de ‘Grève féministe” et nous serons mobilisé-​es aux côtés des associations féministes pour rappeler l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir pour l’égalité réelle, dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pour l’émancipation de toutes. 

1) Des politiques publiques encore insuffisantes pour combattre le patriarcat

L’égalité des genres reste loin d’être acquise. En France, les femmes gagnent encore en moyenne près de 15 % de moins que les hommes à travail comparable. Une femme est tuée par son conjoint ou ex-​conjoint tous les trois à quatre jours. Les violences sexistes et sexuelles continuent d’augmenter, et les femmes restent encore largement sous-​représentées dans les lieux de pouvoir économique, politique et médiatique.

À ces inégalités persistantes s’ajoute aujourd’hui une offensive idéologique préoccupante. Les discours masculinistes et les mouvements réactionnaires progressent dans de nombreux pays et diffusent un discours hostile aux politiques d’égalité. Ils s’attaquent aux droits reproductifs, contestent la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et alimentent un backlash anti-​genre visant explicitement aussi les personnes LGBTI+.

Ces offensives participent d’un même projet politique : remettre en cause les conquêtes féministes et fragiliser les avancées obtenues par les luttes pour l’égalité.

Face à cette situation, nous rappelons qu’il n’y aura pas d’égalité réelle tant que toutes les femmes ne seront pas pleinement incluses dans les politiques publiques, dans les combats féministes et dans les récits collectifs.

Les femmes lesbiennes, bisexuelles et les femmes trans subissent encore aujourd’hui des discriminations spécifiques, au croisement du sexisme et des LGBTphobies. Selon les données publiées par les associations de lutte contre les discriminations, les actes anti-​LGBT ont encore augmenté en France ces dernières années, avec plusieurs milliers de faits recensés chaque année par le ministère de l’Intérieur. Les témoignages recueillis par les associations montrent également que les lesbiennes restent particulièrement exposées à des formes de violences mêlant sexisme et homophobie, dans l’espace public comme dans la sphère privée.

Cette réalité produit des trajectoires marquées par davantage de violences, de précarité et d’invisibilisation. Trop souvent encore, ces réalités restent marginales dans les politiques d’égalité.

Les politiques publiques doivent prendre en compte la diversité des parcours et des réalités vécues par les femmes : femmes lesbiennes, femmes trans, femmes en situation de handicap… C’est à cette condition que l’universalisme républicain peut redevenir une promesse crédible.

2) Des communes, actrices essentielles

Les collectivités locales ont, dans ce combat, une responsabilité particulière. Les communes sont souvent le premier niveau d’accès aux droits et aux services publics. Elles peuvent agir concrètement pour prévenir les violences, garantir l’accès aux droits et faire vivre l’égalité dans l’espace public.

C’est le sens des propositions portées par HES lors des élections municipales et des revendications des associations féministes pour cette occasion. 

Nous appelons notamment les collectivités à :

- renforcer les dispositifs locaux de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et LGBTphobes, en soutenant les structures d’accueil et d’accompagnement, en développant des partenariats avec les associations spécialisées et en facilitant l’accès à des solutions d’hébergement d’urgence pour les victimes 

- développer des politiques de santé et de prévention inclusives, notamment sur la santé sexuelle et reproductive, en soutenant les actions de prévention, de dépistage et d’accompagnement portées par les acteurs associatifs et les structures de santé locales 

- soutenir durablement les associations féministes et LGBTI+ qui assurent un travail essentiel d’accueil, d’écoute, de prévention et de formation, en mettant à disposition des locaux, des moyens et une reconnaissance institutionnelle 

- former les agent·es des services publics locaux – accueil municipal, police municipale, centres sociaux, services jeunesse ou état civil – à l’accueil et à l’accompagnement des personnes victimes de discriminations ou de violences 

- garantir l’égalité et la visibilité des femmes dans l’espace public, les politiques culturelles et la mémoire collective, en valorisant les parcours féministes et LGBTI+ dans la dénomination des lieux publics, les programmations culturelles et les politiques éducatives 

- développer des politiques municipales d’égalité ambitieuses, intégrant pleinement les enjeux de genre et d’orientation sexuelle dans les politiques sportives, éducatives, culturelles et sociales.

À une semaine des élections municipales de 2026, nous appelons les responsables politiques locaux à faire des droits des femmes et des personnes LGBTI+ une priorité de leurs programmes et de leur action publique.