Les LGBTI à nouveau directement attaqués par le gouvernement Orbán. Encore une fois ce gouvernement conservateur, populiste et nationaliste a frappé avec l’entrée en vigueur, depuis ce 8 juillet, d’une législation présentée au départ comme devant lutter contre la pédophilie et qui devient un texte interdisant de faire la promotion de l’homosexualité aux mineurs.

Une nouvelle attaque de l’administration réactionnaire d’Orbán

Non seulement cet amalgame odieux est utilisé pour mieux attaquer les LGBTI, mais la Hongrie, une fois de plus avec ce texte, s’enfonce dans la discrimination, les pratiques attentatoires aux libertés et les violences contre les personnes LGBTI.

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2010, le gouvernement Fidesz (le parti d’Orbán qui était récemment encore membre de la droite européenne, le PPE) n’a pas cessé de cumuler déclarations et actes à l’encontre des minorités, contre les femmes, contre les LGBTI. Et après les attaques spécifiques contre les trans avec la modification de la Constitution en décembre dernier, ce sont toutes les personnes LGBTI qui sont désignées comme des cibles avec cette nouvelle loi.

Le Parlement européen a massivement voté une demande de sanctions

En dépit des réactions de différents pays de l’UE, et des autorités européennes, notamment de la part de la présidente de la Commission, Von Der Leyen, le Premier ministre hongrois a refusé d’envisager de revenir sur son texte de loi, son porte-parole indiquant même que « les efforts de Bruxelles pour mettre des militants LGBTI+ dans les crèches et les écoles sont vains. »

Le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen a demandé que la Commission protège concrètement les personnes LGBTI et leurs droits dans l’Union et une résolution votée ce jour demande que le Conseil (les États membres) et la Commission à agir et à procéder à des sanctions contre le gouvernement hongrois sur la base de l’article 7 du Traité d’Amsterdam. Celui-ci prévoit des mesures contre un État qui violerait les principes sur lesquels est basée l’Union.

Cela passe notamment par le mécanisme conditionnant l’octroi de fonds européens au respect de l’État de droit ou en débloquant la directive horizontale ’anti-discrimination’. Même le PPE (conservateurs européens) a fini par se rallier à une résolution, texte commun associant les groupes S&D, Verts/ALE, La Gauche et Renew.

La résolution votée par 459 voix contre 147 explique que les droits des personnes LGBTI sont constamment attaqués, depuis des années, dans le pays et que les LGBTI sont la cible de campagnes de diffamation de la part des médias proches du pouvoir. La demande d’abrogation de la loi est inscrite dans le texte.

On ne peut que constater que les LR français, avec Morano, Bellamy ou Hortefeux, ont fait le choix de s’abstenir sur cette résolution afin de ne pas froisser leur ami Orbán et que les élus du RN votaient contre…

Le Conseil de l’Europe aussi demande la révision d’un amendement constitutionnel

La Commission de Venise du Conseil de l’Europe, qui travaille sur les questions d’État de droit, a rendu un avis sur un amendement à la loi fondamentale qu’avait fait voter le gouvernement Orbán et qui portait, notamment, sur une limitation au changement de genre, attaque directe contre les personnes trans.

D’autre part, une autre loi « Omnibus » qui imposait une limitation stricte aux couples mariés pour l’adoption, le fait que le mariage soit uniquement entre un homme et une femme et en y rendant impossible l’accès aux couples homosexuels est aussi critiquée. Entre ces contenus et d’autres sur la liberté académique, la concentration des pouvoirs dans les mains de l’exécutif et l’état d’urgence, se sont autant de points qui continuent d’être soulevés par des organisations gouvernementales internationales comme des atteintes à l’état de droit et à la démocratie en Hongrie.

Des mots aux actes, pour soutenir les LGBTI hongrois et l’état de droit dans l’UE

Maintenant, trop de déclarations ont été faites par les différents responsables européens, des votes clairs ont eu lieu pour approuver les demandes de sanction contre Orbán pour que rien ne se passe.

Il faut que les procédures des traités européens et tous les mécanismes que les textes prévoient soient utilisés. Il en va autant des vies humaines en jeu en Hongrie que de l’honneur de l’Union européenne et de ses États membres. Le proclamatoire doit céder la place aux actes.