Ce samedi 23 novembre 2019, des dizaines d’organisation sont cosignataires d’un appel pour marcher à nouveau dans les rues de Paris et dans toute la France, contre les violences sexistes et sexuelles à l’encontre des femmes. HES, membre de l’Inter-LGBT, publie le communiqué de l’Inter-LGBT à cette occasion.

Comme tous les ans, le 25 novembre marque la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette année, cette journée a un goût amer. 133 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année. 

Grande cause du quinquennat ?

Alors que la mobilisation de la société civile s’amplifie et que la visibilité médiatique augmente enfin autour de ces morts tragiques, le gouvernement et les politiques bottent en touche. Les solutions existent, les bonnes pratiques existent en Espagne et ailleurs, pourquoi ne pas débloquer un budget ? Pourquoi ne pas prendre en compte l’urgence ? Pendant que le Gouvernement tergiverse, les femmes meurent.

219 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex sur l’année écoulée. 94 000 femmes sont victimes de viol chaque année en France, dans plus de 90% des cas, elles connaissent leur agresseur. Ces chiffres sont encore certainement sous-estimés. Elles sont de tous les milieux, de toutes les régions, partout. Au lieu d’approfondir la connaissance de ce phénomène pour y mettre fin, le Premier ministre a décidé de supprimer le principal organisme qui permet de les mesurer : l’ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales). Ces données sont cruciales, la société civile en a besoin, mais le Gouvernement préfère ne pas regarder la réalité de ces chiffres en face.

Il faut plus que des discours, il faut des actes et des moyens. Mais le ministre de l’Intérieur, Monsieur Castaner, préfère refuser les chiffres mis en avant par le collectif « féminicide par compagnon ou ex ». Il refuse de voir ce qu’il est pourtant aisé de constater en allant sur cette page ou en écoutant l’association des familles de victimes : ces morts auraient pu être évitées. Très nombreuses sont les femmes qui avaient porté plainte, souvent plusieurs fois, en vain. Le moment de la rupture est le moment où les femmes sont le plus en danger, et les forces de l’ordre ne sont pas formées pour comprendre ce danger, voire refuse parfois d’y répondre. Le Président lui-même a été confronté à cette réalité lorsqu’il a visité les locaux du 3919, et a entendu un gendarme refusant d’accompagner une femme qui avait besoin d’aller chercher des affaires à son domicile menacée par son conjoint violent. Les effets d’annonces se succèdent, encore et toujours, mais le concret ne vient pas.

Lutter contre toutes les violences

L’Inter-LGBT tient également à rappeler l’importance de la prise en compte des différentes discriminations pour prendre en compte les violences faites à toutes les femmes : migrantes, précaires, racisées, lesbiennes, bies, trans, travailleuses du sexe, personnes intersexes. Les femmes en situation de handicap, les femmes séropositives, ou qui souffrent de maladies chroniques sont également particulièrement vulnérables. Il nous faut avancer ensemble et ne laisser personne à l’écart, les violences concernent toutes les femmes et doivent être prises en compte partout.

Ces violences existent également dans les couples lesbiens, gays, dans les couples où une personne ou les deux sont trans, dans un couple où une personne ou les deux sont bies. Il est temps de se saisir réellement de ce problème. Les femmes lesbiennes sont victimes de violences dans les espaces publics, facilitée par la libération de la parole lesbophobe dans les débats sur l’ouverture de la PMA. Ce débat a traîné, elles en paient aujourd’hui le prix. Ces violences sont souvent sous-déclarées, aussi SOS homophobie a lancé une campagne spécifique pour les inciter à témoigner, sur les réseaux sociaux et auprès de leur ligne d’écoute (01.48.06.42.41).

L’Inter-LGBT appelle à manifester aux côtés des associations et du collectif Nous Toutes le 23 novembre prochain, à 14h, à Opéra.

L’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), créée sous le nom de Lesbian & Gay Pride Ile-de-France en 1999, participe d’un mouvement qui, depuis 30 ans, inscrit sur la place publique la question de l’orientation et de l’identité de genre, par le biais de manifestations revendicatives à caractère festif. C’est une fédération nationale d’association LGBTI présentes dans toute la France.