On apprend cette semaine via des actrices et acteurs de terrain et différentes enquêtes de grands médias nationaux (France Info, Libération…) d’une part que des services dédiés aux PMA sont déjà débordés et engorgés de demandes (près de 6 fois supérieures) et avec des délais insensés (10 mois d’attente par exemple à l’hôpital Cochin à Paris… et 1 an en moyenne selon l’aveu du ministère), mais en sus on lit aussi que certains Cecos (Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains) ou CHU (Lille) gèrent cette tragique pénurie en refusant les femmes seules et les couples lesbiens, au profit des seuls couples hétérosexuels… Bref, en réalisant de fait le rêve discriminatoire et lesbophobe de groupes minoritaires bruyants !

La France est encore à des années-lumière de « l’engagement de résorber à 6 mois le délai d’attente pour un don de sperme » annoncé par le ministère mi-septembre.

Des délais intenables et une faiblesse des moyens publics

Les associations – dont HES – avaient prévenu de tels risques et des délais intenables. Cette attente supplémentaire conséquente, jamais annoncée ou assumée par l’exécutif lors des longs débats, est d’autant plus incompréhensible que les annonces pour l’ouverture de la PMA et le travail sur le texte, avec les aboutissements prévus par la majorité auraient dû la pousser à anticiper pleinement ces demandes, ne serait-ce qu’en écoutant les associations…

En catastrophe, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le mois dernier une très maigre enveloppe (seulement 8 millions pour 2 ans pour soutenir la centaine de centres proposant les PMA en France), mais elle arrive bien trop tard, surtout quand tout le secteur de la santé est tendu et désorganisé sur les recrutements de personnels formés. Cette pénurie de moyens humains et financiers, cet embouteillage et même une tension sur la disponibilité des gamètes (sperme et ovules issus de dons, avec une très récente campagne d’appels aux dons aussi tardive que faiblement visible), étaient prévisibles, beaucoup avaient alerté depuis des années… Mais les députés, gouvernements (Édouard Philippe puis Jean Castex) et ministres LREM successifs ont, depuis près de 5 ans, constamment été dans le déni.

Ne seraot-ce que pour les dizaines de milliers de femmes, seules ou en couple, qui ont maintenant atteint l’âge limite légal (43 ans), le gâchis humain et psychologique est immense. Encore une fois, parmi ces femmes, seules celles ayant le temps, le courage, la patience et les moyens financiers d’aller dans des pays voisins (Espagne, Belgique…) pour faire leur PMA auront pu devenir mères. Mi-avril 2022 à la fin du mandat aucun bébé ne sera né de PMA « Made in France » pour des lesbiennes et femmes seules.

HES ne peut que regretter amèrement ces situations. Les refus assumés de certains centres et hôpitaux envers des lesbiennes sont scandaleux et illégaux. Ces expériences inhumaines induisent souvent une vraie détresse personnelle pour toutes les femmes, notamment les lesbiennes, qui ont enfin cru pouvoir parvenir à leur légitime désir de maternité.