Depuis quelques jours se multiplient sur les réseaux sociaux les témoignages de harcèlement, d’attouchements et de viols subis par des personnes LGBT+. Ces témoignages, accompagnés du hashtag #MeTooGay montrent au grand jour la réalité des choses : aucune personne n’est épargnée, quelle que soit son identité de genre et son orientation sexuelle. 

Les victimes doivent être écoutées, sans préjugé aucun

La libération de la parole est toujours une étape nécessaire. Nous avons pu voir depuis plusieurs jours une de ces libérations nécessaires à notre société. L’occasion de rappeler que l’on peut être victime, quel que soit notre statut social, notre âge, notre sexualité. Par contre, ces qualificatifs que l’on donne à une victime peuvent être une barrière de plus pour elle. Aussi, nous devons rappeler qu’une personne, y compris LGBTI+, victime de tels actes doit être écoutée et accompagnée, sans aucun préjugé. 

Or, force est de constater à la lecture des témoignages fournis que l’écoute de la société, celle des institutions, notamment policière et judiciaire, n’est pas toujours à la hauteur de l’enjeu. Il ne s’agit pas ici de critiquer les personnels, mais plutôt de souligner le besoin de formation, d’information dont tout individu a besoin pour réaliser au mieux sa mission. Or, ces besoins ne peuvent être atteints qu’avec le soutien du gouvernement, la mise en action d’une véritable politique de formation pour la prise en compte de la lutte contre les discriminations, dans toute leur variété.

La libération de la parole est une étape bien franchie, mais l’écoute de cette parole ?

Les prises de paroles sur les violences sexuelles ne sont pas là à leurs premiers débuts. Ces mouvements, que les réseaux sociaux ont permis de faire connaitre largement et de globaliser, ont déjà plusieurs mois, si ce n’est années. Les vagues du BalanceTonPorc et de MeToo datent de 2017 déjà, et les premières prises de parole publique sur ces sujets, ressurgies dans les médias grâce à des archives de presse et de télévision, sont bien plus anciennes.

Quid donc, de l’écoute que ces paroles demandaient ? De l’accueil qu’elles auraient dû recevoir de la part de notre société ? Aujourd’hui, ces prises de paroles ne sont pas des fragments dans une émission, fut-elle suivie et commentée dans la presse. Elles émanent de n’importe qui, à hauteur de son expérience personnelle et démontrent leurs similarités, entre l’absence de cadre et de personnes pour se confier, l’empêchement par une autre personne (par son genre, son pouvoir, son ascendant et souvent les trois), l’incapacité et  aussi, peut-être surtout, de la société à saisir ce dont il s’agit. Et donc, nécessairement, à agir.

Ne laissons aucune de ces prises de parole être une déclaration éphémère vouée à occuper un peu de temps d’antenne ou d’octets sur les serveurs des réseaux sociaux.

Notre société doit prendre la mesure de ce fléau et ne plus rester silencieuse ou passive, et les pouvoirs publics doivent en tenir compte dans l’élaboration de politiques publiques dignes de ce nom pour le combattre.