photo : Flickr/Mike Mozart

Fin janvier 2021 prenait fin le tragique mandat du milliardaire populiste de droite Donald Trump, avec sa cohorte injurieuse et menaçante d’atteintes continues aux droits humains, notamment ceux des LGBTI. La parenthèse chaotique et empoisonnée que fut le mandat unique du candidat du parti républicain Trump s’étant refermée, les LGBTI et autres minorités peuvent déjà mieux respirer…

Entre les lois et décrets anti-trans que n’auraient reniés aucun régime réactionnaire et ultra religieux, la fin des protections fédérales contre les discriminations à l’embauche des personnes homosexuelles, et les effacements d’informations très utiles sur les sites web des administrations, la liste des attaques frontales et des reculs serait trop longue à établir…

Avec les démocrates, le retour d’un programme assumé de lutte pour les droits

Avec l’élection de Biden, les démocrates portent un projet politique qui intègre clairement le progrès des droits des LGBTI. Les mouvements sociaux des dernières années ont fait bouger « l’agenda » progressiste états-unien et ont permis qu’un bon nombre de militants démocrates ouvertement LGBTI soient désignés et/ou élus à des postes-clés.

Mais outre cette série d’élu·e·s LGBTI, le programme déjà mis en place par la Maison-Blanche depuis les 6 derniers mois a été marqué par une série de mesures et de décisions fortes, tout autant symboliques que concrètes pour les droits LGBTI, et celui des minorités plus largement.

Des actes symboliques et des lois pour les droits et contre les discriminations

Parmi les actes symboliques forts, on peut citer le fait que la boite de nuit « Pulse », à Orlando (Floride), qui fut le théâtre d’une fusillade de masse anti-LGBTI en 2016, ait été déclarée monument national (Barack Obama avait fait pareil avec le « Stonewall Inn », lieu des émeutes éponymes historiques de 1969, dès 2016). Et ce mois de juin a été à nouveau reconnu comme « mois des fiertés LGBTQ+ », par une déclaration officielle du président.

S’agissant de textes de loi avec des applications concrètes, l’administration Biden a publié dès son premier jour du mandat, un « executive order » réinstaurant l’interdiction de discriminations sur la base de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle. L’orientation était claire et nette, positive et assumée, à peu près l’inverse de ce notre président fait (ou pas) ici depuis 2017 envers les LGBT+ !

La mise en place d’un « Equality act » est soutenue par différentes organisations de défense des droits humains américaines. Déjà voté par la Chambre des représentants, il amende le « Civil Rights Act » de 1964, qui contient des protections fédérales des droits civils sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, en verrouillant des « garanties essentielles » pour l’accès au logement, à l’éducation, aux services publics, aux prêts bancaires… Un décret demandant un rapport sur l’état de la diversité et de l’inclusion dans les agences fédérales (sur la totalité du vaste territoire des USA, donc) et des plans pour améliorer les situations problématiques identifiées a également été publié.

L’action à l’international réinstallée

On pourra citer aussi la nomination emblématique au poste, recréé, d’« envoyée spéciale pour les droits LGBTI », au sein du Département d’État, de Jessica Stern, ancienne dirigeante d’Outright International, une ONG internationale LGBTI. Avec ce choix, c’est la gestion des réseaux culturels et de diplomatie du pays au service du soutien aux droits LGBTI dans le monde qui est mise en place.

Depuis, la position des États-Unis sur les questions LGBTI à l’ONU a radicalement changé, avec un soutien fort à différents niveaux, y compris au sein du Conseil des droits de l’Homme, et sur le mandat de l’expert SOGI (orientation sexuelle et identité de genre) de l’ONU.

C’est une action à suivre de près, mais c’est d’abord un signal fort vis-à-vis d’autres pays notamment ceux aux législations anti-LGBTI et vis-à-vis du tissu associatif et militant.

S’inspirer des démocrates pour une future majorité de gauche en France soucieuse de lutter contre les discriminations

Ces choix et ces actions sont des décisions que le parti démocrate et l’administration Biden font pour répondre aux besoins et demandes des personnes LGBTI, des militantes et militants mobilisés pendant l’impensable mandat homophobe, sexiste et raciste de Trump, qui ont dénoncé ces choix politiques et réexpliqué les problèmes systémiques auxquels font encore face les personnes LGBTI.

Ni un appel du pied ni une rétribution à une clientèle marketing, ces actes sont de vraies réponses politiques à un électorat légitime, toute une partie de la population, qui attendait que le grand parti progressiste réalise des changements du quotidien auxquels il aspire et pour lesquels des mobilisations importantes ont eu lieu, souvent depuis longtemps.

C’est ce que les différentes formes partisanes qui incarnent le progressisme en France doivent rapidement avoir en tête. Ne pas oublier « les minorités », ou les reléguer à l’arrière-plan au nom d’un universalisme incompris, et préparer un programme authentiquement progressiste et assumé pour les prochaines échéances nationales (2022) ce n’est pas simplement faire ici ou là un geste symbolique, notamment lors de dates presque ritualisées.

C’est aussi, et surtout, intégrer politiquement les combats menés par les militant·e·s et les associations LGBTI pour réaffirmer que c’est la reconnaissance des droits des personnes LGBTI avec des politiques publiques, assumées, de lutte contre les discriminations, qui permettront de continuer sincèrement le combat pour l’égalité et l’émancipation.