Mieux vaut tard que jamais ! Voilà une phrase qu’on craignait ne pas prononcer tant cette décision arrive extrêmement tard dans ce quinquennat… Car l’adoption, enfin faite par la commission paritaire réunissant Assemblée et Sénat, advient à seulement 2 mois de la fin effective de cette législature (et à 4 de la présidentielle). Une lecture dans chaque chambre reste encore à faire.

Un délai qui démontre une nouvelle fois que les sujets LGBTI sont traités par Macron/LREM par la « voiture-balai », pour cocher quelques cases à la va-vite en toute fin de mandat (comme pour la PMA voici 3 mois). Tenter de faire croire à une action constante ou sincère de la part de cette majorité ne changera pas le traitement que les ministres et la majorité ont fait à ce texte depuis quelque 3 années…

Une loi à reculons, votée tout juste à temps…

L’opportunisme sur ces sujets reste pourtant le mode de travail et la marque de fabrique trop habituels de ce gouvernement. La seule ministre ayant tenté de faire avancer la loi avant une pression devenue insupportable reste Élisabeth Moréno, désarmée par d’autres ministres et même par le président de groupe LREM à l’Assemblée, M. Castaner, qui considérait au mois de juin dernier que la loi n’était pas utile ou nécessaire…

Les pseudos « thérapies de conversion » étaient pourtant un problème déjà très bien documenté par les médias et sur lequel différentes associations avaient travaillé depuis des années. Dont acte, après avoir nié la réalité du problème, l’exécutif et la majorité LREM n’auront daigné agir qu’à quelques mois de la fin du mandat…

Suivre la lutte contre les « thérapies de conversion »

Il faut que cette loi, soit enfin rapidement et finalement  adoptée, pour qu’ellepuisse entrer pleinement dans notre législation et soit promulguée avec toutes les exigences en termes de décret d’application qu’elle requiert. Évitons de revoir les longs délais que la loi de bioéthique a dû subir, pour un texte si longuement discuté et aux effets bien connus…

Il faut aussi réfléchir très vite à des moyens alloués pour permettre des « testings » (éventuellement via des associations) notamment au sein des structures et filières identifiées qui ont démontré leur volonté de maintenir et de poursuivre ces « thérapies », qui sont proposées sans aucun fondement médical ou scientifique. De plus, le gouvernement doit récupérer des indicateurs précis pour l’application de cette loi et vite allouer des moyens pour contrôler très concrètement que l’interdiction existe dans les faits.

Enfin, avec d’autres, HES restera vigilante sur les attaques transphobes (contre-vérités à l’appui, notamment sur les trans mineur·es), essentiellement venue de la droite LR « républicaine » (dont le président des sénateurs Bruno Retailleau, proche de Valérie Pécresse) que les débats parlementaires ont hélas encore laissé prospérer. Il est insupportable que les trans soient devenu·es un bouc émissaire facile sur des questions d’identité de genre — qu’aucun des parlementaires hostiles ne maîtrisait. C’est de la vie au quotidien de personnes dont il est question ici, et il n’est pas acceptable qu’elles servent dans un jeu politicien aussi médiocre.