Les journées qui permettent d’attirer l’attention sur les thématiques LGBTI peuvent sembler nombreuses (elles ne le sont pas), mais elles sont pertinentes pour la médiatisation de sujets et thématiques qui restent trop souvent tus, invisibilisés voire niés. 

Aujourd’hui 31 mars, c’est la journée internationale de visibilité trans. Elle est utile pour mettre en lumière les personnes trans et pour rappeler les discriminations qui les frappent encore, y compris dans notre pays.

Des discriminations légales et entretenues par la majorité LREM

En ne prenant que 2 des nombreux exemples possibles, les personnes trans subissent encore des discriminations légales en France. Elles doivent encore, en 2021, continuer à entamer une démarche juridique afin de faire inscrire à leur état civil, leur changement de genre, quand le prénom, pourtant, est désormais du seul ressort d’un officier d’état civil en mairie. Cette démarche juridique ne requiert pas, légalement, l’intervention d’un‑e psychiatre/spécialiste médical‑e, même si celle-ci facilite de manière régulière une décision juridique favorable.

Les difficultés du parcours de transition médicale en France, lorsqu’un parcours de soins est entamé, sont connues. Il est nécessaire d’avoir un travail rapide de “dépoussiérage” de notre législation et des impératifs que l’on attend de l’institution médicale. En ce sens, s’inspirer des exemples de Malte et de l’Argentine demeure une évidence et une urgence  pour progresser authentiquement et pour améliorer la vie quotidienne des trans, et tout particulièrement des jeunes personnes trans.

Un rapport de Transgender Europe qui doit alerter et faire avancer la France

Un rapport de Transgender Europe, sorti récemment pointe les lourds soucis de l’accès aux droits pour les familles européennes et les parents trans. À travers 2 exemples concrets, la France est clairement pointée du doigt sur les représentations stéréotypées et l’archaïsme légal mettant à mal les capacités de ses concitoyens à disposer des mêmes droits que les autres, notamment en termes de liberté de mouvement. 

Le rapport revient, entre autres, sur les difficultés que les procédures de transition entamées et les changements de genre, pouvant avoir lieu après l’arrivée des enfants, imposent aux familles dans les cadres actuels de la loi et avec les préjugés toujours existants.

Au cours de l’année écoulée, en outre, plusieurs drames ont concerné de jeunes trans, avec des représentants de l’État qui ont failli, en méprisant et mégenrant ces personnes, avant et après leur décès… Une rectrice, portant la voix du ministre et du gouvernement, aura fait la démosntration de sa méconnaissance et de incapacité à saisir la situation d’une jeune lycéenne trans.

Et, pour la petite Lilie, un procureur de la République, en lien avec la Chancellerie, a brutalement rejeté les demandes élémentaires de ses parents, pour modifier son genre… Là, la « visibilité » est foulée au pied, publiquement, par l’Etat et ses représentants! Et la dignité de ces personnes, leur simple respect, aussi. 

Un PJL bioéthique à la ramasse ET discriminant

En attendant, le projet de loi « Bioéthique » (processus entamé depuis mi juin 2017) continue de discriminer spécifiquement les personnes trans, dans le cadre de la filiation notamment. Les amendements qui auraient pu corriger ce projet de loi, qui n’aboutit pas et demeure très bancal, n’ont jamais trouvé l’appui nécessaire ni au sein de la majorité LREM, ni de la part du gouvernement Philippe ou Castex. Que ce soit sur la filiation ou l’accès à la PMA, le refus des marchistes de mettre fin à des discriminations légales envers les trans est hélas clair et net, le gouvernement allant même contre l’avis du rapporteur de la loi.

Pire ! La loi pourrait créer de toutes nouvelles inégalités pour les personnes trans, avec les choix arrêtés par la majorité LREM. Il reste encore, à ce jour,  possible d’avancer plus vite et plus fort avant la fin du mandat 2017–2022, mais il faudrait en faire le choix politique et social dès aujourd’hui…