En politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient… C’est un nouveau recul, une dérobade de plus, une énième injure faite aux lesbiennes, seules ou en couples, aux militantes et aux militants de l’égalité des droits que la majorité vient d’annoncer !

Tout ça au lendemain de la journée mondiale contre les haines anti-LGBTI, le 17 mai, après que la France ait connu le plus gros recul pour les droits des personnes LGBTI des 10 dernières années au classement d’ILGA-Europe

Une majorité incapable d’agir clairement pour l’égalité des droits

Loupée dans le mandat précédent, qui a mis en place les politiques les plus fortes pour les LGBTI+ que la France ait connues, la PMA devait voir le jour depuis 2017… Hélas, depuis le début de son mandat, cette majorité LREM (et ses alliés Modem, UDI-Agir, Démocratie, Écologie et Solidarité…) a cru bon de jouer de cynisme total et de veule duplicité sur la question des droits LGBTI+. Entre les annonces officielles sur la rapidité d’exécution et les agissements réels, les LGBTI+ ont bien compris à qui ils avaient affaire.

Une majorité qui autorise des discours de haine en son sein pendant de très longs mois (Son-Forget, Thill…) et décide d’un débat bioéthique dans lequel elle inscrit l’ouverture de la PMA, dénoncé par les associations pour mieux permettre à ces discours de haine d’infuser dans la société.

Qui fait des ronds de jambe permanents aux religieux et notamment aux évêques français, dont le rôle dans le combat contre l’égalité est notoire ! Nul n’a oublié le discours au Collège des Bernardins du Président de la République, ses paroles bien comprises sur « la France humiliée » (donc les réactionnaires de La Manif Pour Tous, LMPT) par le mariage et l’adoption pour tous que la gauche a réalisées dès la 1re année du quinquennat 2012–2017. 

Président et Premier ministre absents, ministres sans entrain sur le sujet, présidents du groupe LREM entre fuite et en apnée gênée, parlementaires LREM timorés sur les amendements de progrès pourtant nécessaires (et pour l’essentiel rejetés), le vote en 1re lecture au Parlement (désormais dépourvu de sens) aura oscillé entre platitudes macronistes et faux-semblants dilatoires lourds de sens. 

Des années de perdues et des vies, des familles qui en font les frais

Cela fait presque 3 ans que le très attendu avis positif du Comité national consultatif d’éthique (CNCE) a été rendu sur la PMA ! Et depuis ? Quelques promesses datées sitôt oubliées. Des ministres hostiles ou très réticents. Des états généraux de la bioéthique poussifs, noyautés par les réactionnaires. Et, au final, rien de concret.

Les choix évidents de cette majorité, sur la casse sociale et les attaques contre notre système de solidarité, ont été traités avec diligence. Mais pour les droits des personnes LGBTI+ il n’est proposé que d’attendre encore et toujours.

Des reports de la PMA permanents

L’Inter-LGBT avait dénoncé ces rapports successifs, qui n’ont fait que se reproduire depuis, qui nuisent aux familles LGBTI+ et démontrent que, pour ce gouvernement, cette question se résume à une triste variable d’ajustement. Plus proche de l’argument de façade pour vainement tenter de se démarquer des autres partis de droite que de réellement agir pour toutes et tous… Depuis 2017, tout cela était bien clair.

Le résultat est bien visible, par tou·te·s, depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017. La France est mal notée dans les classements LGBTI, son score chute inévitablement, les témoignages d’agression et discriminations atteignent un nouveau pic chaque année depuis 3 ans : le message est clair, les revendications des LGBTI — notamment celle de la PMA pour toutes — ne sont pas jugées comme valables…

2022 devra être l’occasion de proposer un vrai programme ambitieux pour l’égalité, la liberté et la fraternité. La France doit reprendre au plus vite le chemin de l’égalité, de la lutte pour les droits et de l’émancipation !