Annoncée en 2019, la suppression de la transidentité dans la liste des maladies de l’OMS est désormais effective depuis le 1er janvier 2022. C’est une étape positive, mais cette avancée reste incomplète.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), agence santé de l’ONU, a retiré le 27 mai 2019, la transidentité de la classification des troubles mentaux. Cette décision est entrée en vigueur ce mois-ci avec la publication de la nouvelle version de la classification internationale des maladies psychiatriques (CIM).

Changement important dans la santé mondiale pour les personnes trans et intersexes

Dans cette CIM-11, les personnes trans ne sont enfin plus stigmatisées comme souffrant de « troubles mentaux et du comportement » ! Cette décision permet une visibilité positive de la communauté trans, et représente un pas en avant à saluer. La CMI-11 comprend les changements suivants concernant les personnes trans :

  • Les diagnostics seront désormais nommés « Gender Incongruence » (fr. incongruence de genre) et il n’est plus question de « Transsexualisme ».
  • « Gender Incongruence » n’est plus classé comme « mental and behavioural disorder » (fr. troubles mentaux et du comportement), mais traité dans un nouveau chapitre « conditions related to sexual health » (fr. conditions liées à la santé sexuelle),
  • Le diagnostic d’incongruence de genre ne se réfère pas à un modèle à deux genres.

Une avancée encore incomplète

HES salue, avec d’autres associations, ce pas en avant vers la dépathologisation de la transidentité. Toutefois, c’est une avancée encore incomplète. L’utilisation du terme « incongruence de genre » maintient l’idée qu’il y a encore un problème avec la transidentité. De plus, catégoriser la transidentité seulement sous l’angle de santé sexuelle exclut les questions d’accès aux soins des personnes trans. En effet, être trans, comme être cis, n’est pas juste une question de sexualité, mais une question d’humanité.

Dans la pratique, il demeure essentiel d’encadrer la pratique médicale, y compris psychiatrique. En France, les parcours de transition sont encore très et trop  psychiatrisés, et pas assez encadrés par la loi. Il est en effet régulièrement demandé aux personnes trans de subir un examen psychiatrique avant de pouvoir librement changer d’état civil, ou de commencer une hormonothérapie hormonale et d’accéder à une chirurgie désirée. Ce qui n’est en rien une obligation légale.

Les diagnostics précédents définissant la transidentité comme un trouble mental et comportemental ont contribué fortement à la stigmatisation et marginalisation sociale et ont appuyé un rapport massivement paternaliste de la médecine envers les personnes trans.

L’autodétermination des personnes trans reste déterminante

De plus, la CIM-11 a introduit un diagnostic qui concerne les enfants trans prépubertaires : l’incongruence doit persister pendant environ 2 ans. HES rejette cette psychologisation, car aucune mesure médicale ne peut ni doit être prise avant le début de la puberté au risque d’infliger une grande souffrance aux enfants prépubertaires.

Les enfants trans ne doivent pas être accablés par un processus diagnostique ni être marqués par un tel diagnostic. Cette erreur doit être éliminée lors de la prochaine révision de la CIM.

HES continuera de le souligner : ce ne sont pas les personnes qui ont besoin de traitement médical, mais c’est leur milieu médical et, plus largement, social qui doivent apprendre à les soutenir de manière positive. L’autodétermination du genre par les personnes trans reste une liberté et une libération déterminantes.

Diagnostic d’incongruence de genre dans la CIM-11

Communiqué de presse de l’OMS avec la mention de l’incongruence de genre