En 2020, 3 dates majeures en mémoire de la dépor­ta­tion pour motif d’homosexualité :

  • 75anniver­saire de la libéra­tion des camps de con­cen­tra­tion et d’extermination nazis,
  • 15anniver­saire de la dis­pari­tion de Pierre Seel, déporté français pour motif d’homosexualité
  • 10anniver­saire de l’apposition d’une plaque mémorielle au camp de con­cen­tra­tion Natzweil­er-Struthof.

2020 : les 75 ans de la libération des camps de la mort

L’anniversaire de la libéra­tion du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, le 27 jan­vi­er 1945, est le jour de la libéra­tion du plus impor­tant camp de mort nazi. Il a mar­qué ce pre­mier temps de mémoire début 2020.

La sidéra­tion des libéra­teurs face à l’indescriptible et devant l’aveuglement d’un peu­ple pour une idéolo­gie factuelle­ment mortelle, restent hélas encore d’actualité face à l’oubli ou à l’abjection de la néga­tion de ces crimes..

Heureuse­ment, cette mémoire reste vive. Lors des com­mé­mora­tions, des militant·e·s, porte-dra­peaux, gardien·ne·s de la mémoire font vivre et trans­met­tent ce sou­venir et ce mes­sage : « Plus jamais ça ! ». Pour la mémoire de tous les déportés, y com­pris homo­sex­uels.

Nous sommes aus­si fiers de nous rap­pel­er que c’est le gou­verne­ment de gauche plurielle de Lionel Jospin qui fut le pre­mier en France à recon­naitre offi­cielle­ment la dépor­ta­tion pour motif d’homosexualité.

15anniversaire du décès de Pierre Seel, déporté pour motif d’homosexualité et infatigable témoin

Témoin cap­i­tal de cette péri­ode, Pierre Seel nous a quit­tés il y a 15 ans. Fiché avant-guerre par la police de Mul­house comme homo­sex­uel. Il sera arrêté et empris­on­né, à l’âge de 17 ans. Les atro­ces tor­tures subies le mar­queront à vie. Envoyé par les nazis au camp de « réé­d­u­ca­tion » de Vor­bruck-Schirmeck en Alsace, il fut enrôlé dans l’armée alle­mande après 6 mois de déten­tion. Lors de son interne­ment, il a assisté à l’agonie de son com­pagnon, dévoré par les chiens des SS.

Ces souf­frances inimag­in­ables seront la source de l’énergie de son engage­ment mil­i­tant irrem­plaçable. Dès 1982, il réag­it aux pro­pos indignes de l’évêque de Stras­bourg, M. Elchinger, et portera sa parole de vérité his­torique jusqu’à son dernier souf­fle, le 25 novem­bre 2005. 

Son com­bat et son nom sont hon­orés : une rue à Toulouse et à Paris, une salle dans le cen­tre LGBT de Toulouse, une plaque mémorielle en façade du théâtre munic­i­pal de Mul­house et un hom­mage offi­ciel sous l’Arc de Tri­om­phe de Paris rap­pel­lent le com­bat et la mémoire unique de Pierre Seel.

Nous ne l’oublions pas, car il nous oblige et nous inspire.

10e anniversaire de l’apposition de la plaque au camp de Natzweiler-Struthof 

Ce ven­dre­di 25 sep­tem­bre mar­que les 10 ans de l’apposition de la plaque mémorielle au camp de con­cen­tra­tion Natzweil­er-Struthof : « À la mémoire des vic­times de la bar­barie nazie, déportées pour motif d’homosexualité ». En 2010, cette plaque de gran­it rose a été inau­gurée sur le mur du sou­venir au pied de la fos­se aux cen­dres du camp afin que l’oubli soit effacé.

Ce résul­tat a été le tra­vail de 4 années intens­es de démarch­es auprès du min­istère des Anciens Com­bat­tants et avec la Com­mis­sion du Natzweil­er-Struthof (com­posée d’anciens déportés du camp) grâce à la per­sévérance de l’association LGBT « Les “Oublié·e·s” de la mémoire ».

Gravés dans la pierre, sur le lieu des crimes trop longtemps cachés, voire oubliés, et qui auraient pu être effacés de la mémoire humaine, ces mots sont le sym­bole fort du sou­venir des morts dans cette tragédie. La vis­i­bil­ité de la mémoire de cet épisode his­torique ne peut pour­tant se résumer à une plaque dans un camp : l’éducation par les témoignages et la péd­a­gogie, doivent con­tin­uer à œuvr­er pour garder cette mémoire bien vivante !

Les militant·e·s d’HES sont et seront tou­jours mobilisé.e.s pour com­bat­tre les idéolo­gies qui rabais­sent la dig­nité humaine, tou­jours à l’œuvre aujourd’hui. Les mou­ve­ments réac­tion­naires, les dis­cours de haine irriguent quo­ti­di­en­nement ou presque les médias et les réseaux soci­aux…

Mobilisé.e.s aus­si pour la mémoire de la dépor­ta­tion en France, où un mon­u­ment LGBT, pour la mémoire et l’histoire, reste encore à créer,