Une nouvelle étape est franchie par le Royaume-Uni dans la considération par le gouvernement et les structures publiques sur les mauvais traitements reçus par des personnes homosexuelles dans les dernières décennies.

Que des soldats privés de leurs médailles (voire de leurs indemnités)  par la reconnaissance de leur « non-hétérosexualité » puissent à nouveau les demander et que le gouvernement reconnaisse que c’était une « faute historique » semble d’une logique déconcertante. Il aura fallu qu’un vétéran décide de se battre pour arriver à se résultat

Le Royaume-Uni a déjà cheminé sur la mémoire et les réhabilitations

Le Royaume-Uni avait déjà avancé sur la réhabilitation des gays condamnées pour offenses sexuelles, en 2016, des milliers avaient été pardonnés de manière posthume, hélas. Et même le chercheur de génie Alan Turing avait eu droit à un royal pardon en 2013, lançant cette action en réhabilitation. La “Loi de Turing” prévoyait aussi de blanchir automatiquement toute personne vivante qui aurait été reconnue coupable de ces délits. Le débat avait aussi eu lieu sur la sémantique de cette action, entre pardon du gouvernement et demande d’excuses de la part des anciens condamnés.

En attendant, ce travail de mémoire et de réflexion sur les questions de justice et de reconnaissance des LGBTI a commencé à avoir lieu. Les débats dans le pays montraient clairement une volonté générale, transpartisane de travailler honnêtement le sujet et de chercher à réparer les injustices commises. L’Allemagne aura emboîté le pas sur ses soldats avec des indemnisations, et à leur tour les britanniques ont à nouveau avancé.

L’Allemagne réhabilite ses soldats homosexuels discriminés, en France, le travail mémoriel reste au point mort

L’Allemagne a aussi avancé. Et la France ?

Il ne faut pas que notre pays soit le dernier des grands États européens à faire (et faire faire) ce travail   d’introspection afin de permettre aux personnes touchées par des politiques discriminatoires violentes qui a pu briser des vies, de se voir réhabilitées et de voir reconnaitre la faute que cela fût.

Il y a mieux à faire que de sombrer dans une triste copie de dystopie fascisante avec le cumul des attaques contre l’état de droit, contre les libertés publiques, contre les droits de l’homme et finalement contre les libertés académiques. Ce gouvernement, comme l’exemple de M. Benjamin Stora le démontre, pourrait demander à des universitaires de lui présenter leurs travaux sur cet aspect de notre histoire collective, cela aurait de bien meilleurs effets que d’enquêter pour savoir si l’objet de leurs travaux déplait à la puissance publique.

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