En quelques jours, les droits LGBTI en Europe ont connu des décisions marquantes dans des pays de l’Europe, orientale et méridionale. Entre la Baltique et la Méditerranée, le refus de l’égalité des droits d’un côté et la reconnaissance de l’autre, marquant des choix et dynamiques politiques bien différentes chez nos voisins, intéressantes ou réjouissantes.

Lituanie : des sociaux-démocrates qui tanguent encore sur les droits LGBTI…

Ce jeudi 29 octobre, le parlement lituanien (la Saeima — monocaméral) a rejeté une initiative citoyenne. Elle visait à autoriser les unions civiles ouvertes aux couples de même sexe (sorte de Pacs). Avec 55 voix contre et seulement 30 pour, les nombreux absents et abstentionnistes n’ont pas eu assez de courage pour faire passer cette loi…

Plus tragique, les élus du parti social-démocrate Saskana (« Harmonie »), affiliés au PSE ainsi qu’au groupe des Socialistes et démocrates (S&D) du Parlement européen, se sont déchirés sur le vote. Sur 19 élus au groupe, seuls 7 ont voté pour le rejet de cette initiative, mais à peine 5 l’ont approuvé et 5 autres n’ont pas pris part au vote ou se sont abstenus. Sur les sujets de société, l’absence de choix ou l’abstention sont des lâchetés que l’histoire juge toujours cruellement !

On ne peut qu’encourager ce parti se voulant « de gauche » et ses parlementaires, à s’organiser rapidement. Afin d’appliquer le programme et la feuille de route LGBT du PSE. Une base pour reconnaitre les droits des LGBTI dans chaque pays et décliner les législations justes et progressistes de l’Union européenne. Par ailleurs, si une nouvelle initiative citoyenne couvrant tous les partenariats civils, pour les homosexuels comme hétérosexuels, se confirme, il faut encourager l’ensemble des parlementaires lituaniens, et notamment ceux du Saskana, à l’approuver..

Albanie : enfin des droits et une loi de protection !

Du côté des Balkans, le Kuvendi (parlement albanais, monocaméral également) a amendé une loi contre les discriminations. Il y a inclut les caractéristiques sexuelles et l’état de santé comme source de discriminations en plus des reconnaissances de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre (transgenres). Ainsi, la loi protège les personnes intersexes et les personnes vivant avec le VIH-sida (PVVIH).

L’Albanie a un score de 31 % au dernier classement Rainbow Europe index de l’ILGA Europe, qui la classe en 28e position sur les 49 pays auscultés. Malgré ça elle continue de travailler à adapter son droit à celui de l’UE, pour ce pays qui candidate officiellement depuis 2014.

Chute inédite et dramatique de la France au classement ILGA Europe : les LGBTI n’existent pas vraiment pour ce gouvernement et Macron

Saluons les progrès et pointons les problèmes, dans l’UE comme ailleurs

Ces deux exemples contradictoires, progrès ou stagnation, dans la bataille pour les droits LGBTI au sein de l’Europe démontrent que l’UE ne permet toujours pas des progrès automatique s.Les exemples hongrois et polonais le démontrant tragiquement au fil des mois et des années. Et il nous faut mener la bataille sur tous les fronts.

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Toutefois, voir que la reconnaissance des droits est toujours présente dans les débats publics et des parlements d’Europe reste une véritable bonne raison de se réjouir. C’est une raison de se battre collectivement pour un idéal européen qui intègre le combat pour les droits LGBTI. Compte tenu de l’atmosphère politique particulièrement lourde et haineuse en cours dans de nombreux pays, y compris démocratiques, cela demeure une nécessité…