Ce lun­di 18 mai est sor­ti le tra­di­tion­nel rap­port annuel de SOS Homo­pho­bie sur les LGBTI­pho­bies en France. Ce rap­port est un out­il pré­cieux pour appréci­er la réal­ité d’une société où les haines anti-LGBTI ont pu grimper par à‑coups dans les dernières années. Presque à chaque fois à l’occasion de débats où la moti­va­tion davan­tage élec­toral­iste que poli­tique a mené à une libéra­tion des dis­cours de haine. Les débats sur le PJL Bioéthique avec l’ouverture de la PMA à toutes les femmes n’y ont pas échap­pé.

Le rap­port fait état de près de 2400 témoignages, en hausse de 26 %. Le 2nd plus haut nom­bre de témoignages après 2013, l’année du vote de la loi Taubi­ra. Le min­istère de l’Intérieur, lui, a indiqué avoir enreg­istré 1870 vic­times d’infractions à car­ac­tère anti-LGBTI, c’est une aug­men­ta­tion de 36 % com­paré à 2019. 

Ces 2 chiffres illus­trent une société française où les actes LGBTI demeurent nom­breux, et où factuelle­ment les témoignages des vic­times aug­mentent. 

Des chiffres à considérer sous plusieurs angles

Ces don­nées sont tout à la fois une démon­stra­tion d’une société où la vie des per­son­nes LGBTI+ reste forte­ment con­trainte par des envi­ron­nements où les paroles de haine con­tin­u­ent de s’exprimer et où les dis­crim­i­na­tions con­tin­u­ent d’exister à un niveau tou­jours trop impor­tant, et celle, para­doxale­ment, de leur prise en compte.

Ces hauss­es des enreg­istrements sont notam­ment sen­si­bles à l’encontre les les­bi­ennes et des per­son­nes trans­gen­res, dont les chiffres explosent. SOS Homo­pho­bie dénonce notam­ment « Une par­tie de la société française (qui) s’enferre dans l’hétérosexisme et résiste à toute évo­lu­tion pos­i­tive ». Une évo­lu­tion qui serait au min­i­mum car­ac­térisé par l’arrêt du dén­i­gre­ment, de la dis­crim­i­na­tion et de la néga­tion des droits des per­son­nes LGBTI+.

Libération de la parole et responsabilité politique

Ces chiffres démon­trent aus­si une véri­ta­ble libéra­tion de la parole des vic­times qui sont plus nom­breuses à effectuer les démarch­es auprès de la police ou à témoign­er auprès de SOS Homo­pho­bie. Cela reste encore pour­tant trop faible, l’enquête 2020 de l’Agence fon­da­men­tale des droits de l’Union européenne indi­quait que, en France, seule­ment 14 % des per­son­nes vic­times de faits dis­crim­i­na­toires engageaient des démarch­es pour rap­porter ces faits.

C’est la respon­s­abil­ité du poli­tique que de dénon­cer les dis­cours haineux qui peu­vent se tenir lors de débats par­lemen­taires ou autre. C’est aus­si la respon­s­abil­ité du poli­tique que de met­tre en place des poli­tiques publiques, dans tous les domaines, pour lut­ter con­crète­ment con­tre les dis­crim­i­na­tions. Une respon­s­abil­ité qui est aus­si celle de ne pas prêter son con­cours à des sup­ports ou à se ren­dre dans des enceintes médi­a­tiques où le refus des haines anti-LGBTI+ (et d’autres !) n’est pas net, quand elles ne vont pas jusqu’à être régulière­ment enten­dues.

Lut­ter con­tre la haine anti-LGBTI+ passe, surtout, par la mise en place d’une égal­ité réelle et de droits effec­tifs pour toutes et tous. La lutte con­tre les stéréo­types et leurs util­i­sa­tions dans les dis­cours publics de la part de tous les acteurs, à tous les niveaux, est là encore, un pre­mier pas néces­saire.